Avesac

Brèves

FORUM DE LA DP

La Direction Pédagogique propose un forum intitulé "Gestion de la diversité à l'école". Il se tiendra le 15 février 2012. Soyez attentifs à l'information diffusée en fin d'année dans vos établissements.

AURAMA

Décision, option ou choix. Que faisons-nous du sentiment de liberté attaché si subtilement à ces termes?  Tel est est le thème qui sera exploré lors des séminaires d'hiver d'AURAMA. Rendez-vous à Lausanne, les 4 et 5 novembre 2011 pour "Marges de manoeuvre", les 20 et 21 janvier 2012 pour "Paradoxes des décisions" et les 9 et 10 mars 2012  pour "Creux du choix". Programme et Information complète ici.

prise de position

Consécutive au forum du 11 novembre 2009, une prise de position  "Pour une Direction Pédagogique renforcée, capable d’apporter une réelle expertise et  d’assurer une visibilité cantonale cohérente en lien avec les réalités du terrain dans la mise en œuvre des lignes directrices du Département de la Formation, de la Jeunesse et de la Culture, pour l’accueil et l’intégration des élèves allophones. " a été envoyée à Mme Lyon, cheffe du DFJC. Lire ici le texte complet.

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Accueil Présentation Allocutions Prise de position et déclaration politique
Prise de position et déclaration politique

Vers un statut horaire et salarial unique et cohérent 

Réunis en Assemblée le  27 avril 2009, les délégués de la SPV ont adopté une prise de position politique forte - AD09/ Position: " statut unique et cohérent pour les enseignants de l'école obligatoire"  - dont vous trouverez le texte complet sur le  site de la spv. 

Dans ce contexte, voici la prise de position  de la présidente AVESAC: 

 "Quand on y pense, à hauteur de pupitres, la prise de position pour un statut horaire et salarial unique et cohérent discutée aujourd’hui est pour nous aussi une évidence à laquelle tôt ou tard, chacun se ralliera. Le canton dans lequel nous vivons incite à penser que ce sera plutôt tard. Il n’empêche, je salue l’audace et le bon sens qui ont contribué à l’élaboration de cette prise de position que l’AVESAC, qui n’a d’autre résolution à présenter aujourd’hui que sa constance,  défendra avec détermination.

En marge de ce nouveau combat syndical et avant que chacun ne s’y engage, je souhaite toutefois, si vous le permettez, vous faire part d’une préoccupation récurrente  qui se trouve être fortuitement synchrone avec celle exprimée  par le président de la SPV dans l’Educateur  de mai 2009.

Comme je n’ai que quelques minutes pour parler, je vais prendre les mots par grandes brassées sans forcément prendre des gants, vous me pardonnerez, je l’espère.

Depuis l’été dernier, la mise en place du nouveau système de rémunérations a occupé tout le monde, au détriment de la description des fonctions des employés de l’Etat de Vaud. Jacques Daniélou démontre  allègrement dans son article comment la question de la classification des fonctions – le C de DECFO - a été résolue par un simple alignement sur le classement des diplômes de la HEP . Ce dont je souhaite vous faire part concerne le reste, la part oubliée:  la description des fonctions. DEFO.

Mesdames et messieurs cadres et dirigeants, les professionnels sur le terrain n’ayant guère besoin qu’on leur décrive leur pain quotidien, ceci s’adresse à vous. Il peut y avoir un tel fossé entre la représentation que l’on se fait d’une profession et sa réalité. L’occasion était belle de porter votre attention sur le travail des enseignants, doyens et directeurs pour en prendre la véritable mesure et établir un descriptif fondé qui eût pu mettre tout le monde d’accord.

Mais vous avez choisi une classification des fonctions calquée sur des critères extérieurs. C’est dommage, car lorsqu’on s’emploie à diriger d’une institution lourde de quelques 80’000 élèves et 8’000 enseignants  il est tout de même préférable de se rendre compte précisément à qui et de quoi on parle.

A ce point , je témoigne sans détours qu’en conséquence d’une absence de contacts réels et réguliers avec la profession, quelques personnalités cadres ont , par le passé, pris le dessus sur les voix des enseignants, doyens et directeurs et ont imposé leur vision déconnectée du rythme de fonctionnement de l’école et des véritables défis qui sont les siens aujourd’hui. Je dénonce une situation qui, si elle perdure est potentiellement source de maltraitances institutionnelles envers les enseignants. On ne mobilise pas l’énergie de ses employés avec des diktats venus du monde politique, ou en instituant arbitrairement des concepts pédagogiques importés et qui n’ont pour fondements que leur effet de mode.

Nous avons milité pour une formation en didactique du français langue 2 et j’ai salué ce matin sa mise en œuvre. Toutefois, prétendre réguler l’institution scolaire avec des formations supplémentaires pour tous mais surtout, tenter de nous faire croire que par ce seul étalonnage, l’école sera plus égalitaire et plus efficace, c’est faire preuve d’une légèreté coupable. Savez-vous que des directeurs rôdés, en charge de leur établissement depuis  plusieurs années sont astreints eux aussi à faire des compléments de formation de plusieurs crédits avec en prime un travail personnel.

A vous entendre, vous qui exigez cela, on dirait que vous connaissez quelques bottes pédagogiques et administratives  secrètes, qui nous seront enseignées et qui nous assureront de sortir des difficultés que nous rencontrons au quotidien dans notre école. 

Nous sommes trop avertis pour croire à de telles illusions.

Qu’on le veuille ou non, ce qui est réel, aujourd’hui, et qu’il faut oser dire, c’est que le canton n’a jamais connu une telle population scolaire et que l’école publique est face à des défis nouveaux, importants et graves qui requièrent l’attention de chacun et pour lesquels personne n’a de solution toute prête. Intégration de jeunes migrants, clandestins, réfugiés, nous en recevons des centaines dans le canton, chaque année. Ca ne se fait pas tout seul ! Mais encore, vous le savez bien, intégration d’enfants avec handicaps, physiques, psychiques, à comportements difficiles, tout ceci dans un climat de formation professionnelle instable pour les jeunes et plus grave encore tout ceci au sein d’une population aux valeurs hésitantes. Voilà la réalité.

Conserver un équilibre social et culturel au milieu de tout cela est un véritable exercice de maîtrise professionnelle. Bien qu’il soit incontestablement utile de rendre les formations enseignantes « euro – compatibles »,  je ne crois pas qu’il suffira de barder de diplômes de la HEP, de l’UNIL ou de l’ IDEHAP les futurs professionnels de l’école pour qu’ils relèvent à eux seuls de tels défis lorsque les anciens qui s’expriment aujourd’hui seront à la retraite  et avec eux, leur expérience et leurs compétences.

Même si on peut le croire un moment, passé ce temps, ce ne sera pas suffisant.

Car ce qui manque aujourd’hui à l’école, ce ne sont pas des titres, c’est du courage.

Si vous en doutez, alors prenez le temps d’accompagner régulièrement sur le terrain un enseignant, un doyen ou  un directeur: Non pas une heure entre deux de vos rendez-vous de ministre, de médiateur  ou de négociateur, mais une semaine ce serait déjà bien !


Enfin, osez croire que vous avez en face de vous des enseignants intelligents qui apportent des réponses cohérentes aux problèmes qui se posent à eux, et qu’il serait temps de leur faire confiance en prenant des décisions véritablement concertées qui seules pourront couper court à toute initiative populaire rétrograde.

Bien loin des considérations financières.
Lorsque les fonctions seront véritablement mesurées et comprises, un statut horaire et salarial unique et cohérent ira de soi pour tout le monde."



                                                                                                                        Anne Gillièron