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Mesdames, messieurs, chers collègues, chers amis,
Ainsi que Martial Delacour l’a rappelé tout à l’heure, en 2004, cette même Assemblée des Délégués ouvrait les portes de la Société Pédagogique Vaudoise aux enseignants en structures d’accueil. Deux ans plus tard, on ne peut pas dire que l’intégration de l’AVESAC dans la SPV soit terminée. Nous nous en apercevons régulièrement lors des différents échanges entre associations, notamment pendant la conférence des présidents. C’est qu’il faut du temps pour prendre connaissance des différents dossiers et du cadre dans lequel ils sont traités, il en faut également pour se rencontrer, échanger ses prises de position, affiner ses points de vue, renoncer à jouer en solo, assembler ses forces, pour finalement faire corps commun.
On le voit, l’intégration dans une société est un processus. Et il prend du temps. Une simple indication sur un panneau directionnel du style : « C’est par là … faites comme-ci, faites comme ça.. » ne suffit en aucun cas. Même si l’indication est claire, il n’est pas possible de faire l’économie d’une présence régulière et de longue durée.
Les enseignants en structures d’accueil le savent particulièrement bien, eux qui, à l’image des guides de montagnes, ces spécialistes des traversées d’un horizon à un autre, accompagnent des élèves migrants jusqu’au passage dans une classe ou dans une formation régulière. Car c’est bien là leur but ; accompagner les élèves aussi loin que possible, progressivement et jusqu’à complète intégration dans les classes régulières.
Voilà la première des réalités que l’AVESAC souhaite réaffirmer aujourd’hui.
La seconde est celle dont il est question en détails dans notre rapport d’activité.
Il s’agit de notre préoccupation au sujet du manque de prise en compte des forces associatives par le Département de la Formation et de la Jeunesse, en particulier par la DGEO dans ses différents travaux, préoccupation dont on sait aujourd’hui qu’elle est à l’unisson de celle de la plupart de nos collègues enseignants dans la scolarité obligatoire.
De fait, la frustration est perceptible chez mes collègues enseignants en classe d’accueil, de ne pas pouvoir partager les fruits de leurs recherches et expertises effectuées avec rigueur et ténacité dans leur établissement ou au sein des groupes de travail de l’AVESAC. Aujourd’hui, Nous en appelons à ce que la prise de conscience de ce manque par les personnes concernées établisse un socle fertile pour des relations futures foisonnantes, durables et efficaces.
Je termine cette brève intervention par un rêve, en forme d’hommage à une vénérable institution qui fête cette année son 150ème anniversaire : Voyez le fonctionnement de la Société Pédagogique Vaudoise et voyez ses acteurs. Présidence de haut vol, expertise pointue et rigoureuse des lois et règlement par le secrétaire général, transparence dans les débats, confrontations salutaires , expertise et soutien mutuel des associations affiliées , ancrages dans la tradition, respect des principes fondateurs, changements dans la continuité, dynamisme audacieux, impertinent parfois, pertinent le plus souvent, ténacité, endurance ...
Quel souffle n’est-ce pas !!!
Si toute l’institution scolaire et avec elle, pourquoi pas, nos institutions politiques, se mettait à fonctionner sur ce modèle, avec au fond la conscience de n’avoir d’existence que par la reconnaissance et le consentement actifs de ses membres.
Dans de telles conditions, il est certain que tous les espoirs, seraient alors vraiment permis !
Anne Gillièron, Présidente
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