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Brèves

FORUM DE LA DP

La Direction Pédagogique propose un forum intitulé "Gestion de la diversité à l'école". Il se tiendra le 15 février 2012. Soyez attentifs à l'information diffusée en fin d'année dans vos établissements.

AURAMA

Décision, option ou choix. Que faisons-nous du sentiment de liberté attaché si subtilement à ces termes?  Tel est est le thème qui sera exploré lors des séminaires d'hiver d'AURAMA. Rendez-vous à Lausanne, les 4 et 5 novembre 2011 pour "Marges de manoeuvre", les 20 et 21 janvier 2012 pour "Paradoxes des décisions" et les 9 et 10 mars 2012  pour "Creux du choix". Programme et Information complète ici.

prise de position

Consécutive au forum du 11 novembre 2009, une prise de position  "Pour une Direction Pédagogique renforcée, capable d’apporter une réelle expertise et  d’assurer une visibilité cantonale cohérente en lien avec les réalités du terrain dans la mise en œuvre des lignes directrices du Département de la Formation, de la Jeunesse et de la Culture, pour l’accueil et l’intégration des élèves allophones. " a été envoyée à Mme Lyon, cheffe du DFJC. Lire ici le texte complet.

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... Le reste à la benne... PDF Imprimer E-mail

(...) Je vous livre ce témoignage qui m’a profondément marquée. Cela se passe en Suisse, tout près de Lausanne.

Le vendredi 16 novembre 2007, un parrain d’une réfugiée me mandate pour l’aider à déménager de Crissier à la rue du Simplon à Lausanne. A l’heure dite, je me rends au Centre de  requérants de la Faréas de Crissier pour aider cette femme et son enfant à déménager. Il est huit heures et demie, nous attendons le « camion » qui viendra emporter les affaires de 5 requérant-e-s qui sont censés partir à 8h.30. Des Africain(e)s en majorité, m’invitent pour un café. L’ambiance est bon enfant. 

 Le matériel a été descendu au rez-de-chaussée pour être déménagé. Chacun-e ajoute encore une valise, un carton, des vivres sortis du frigo pour assurer la suite. J’observe un requérant un peu à part qui descend ses affaires avec précaution, deux valises, un carton de casseroles, et deux ou trois paquets bien ficelés. Il semble avoir soigneusement empaqueté son matériel et ne le perd pas des yeux.

J’apprends qu’il est Iranien.  La jeune femme avec l’enfant, n’a pas pu prendre du temps pour empaqueter les affaires qui la concernent ; en plus elle tient à prendre deux petits meubles avec les affaires de l’enfant, ainsi que des jeux, des jouets, une télé pour passer des films à son fils et des cassettes.

Ça et là encore quelques affaires avec les langes de l’enfant, des vivres, des biberons et des produits pour son entretien. Tout cela fait un joli échafaudage, mais faute de moyens, tout est  offert à ciel ouvert aux yeux inquisiteurs des personnes présentes.

A 9h.20, toujours pas de camion. Je m’impatiente, le responsable du Centre me dit que le camionneur a dû faire une course auparavant.

Enfin, vers 10h., le camion arrive. Tout le monde descend pour  embarquer ses affaires. C’est là que les choses se gâtent. Le  responsable du camion,totalement obnubilé par des consignes qu’il est  censé faire appliquer,  refuse d’embarquer une partie du matériel qui se trouve au bas de  l’escalier. Il répète plusieurs fois : « des habits et un matelas, le  reste à la benne ! « Je vois les requérant-e-s se ratatiner et se faire  tout petits pour qu’on les oublie, et qu’ils passent inaperçus à côté  de leurs effets.

Je n’oublierai jamais le regard de détresse que lance  le requérant iranien. Un univers d’humanité s’écroule pour lui, ses  précieux bagages sont menacés. Tout ce qui constitue un reste de vie et  de préservation du domaine personnel  est mis en danger. Les autres  voient aussi  avec effroi qu’ils vont devoir faire des choix  draconiens. D’autant plus que le camionneur en rajoute : « là-bas, au  Simplon, c’est tout petit, il y a de la place pour un lit et une  table » s’époumone-t-il, refusant toujours de charger.

L’impatience  gagne les rangs. Un autre membre de la Fareas rajoute : » c’est lui qui  décide, conformez-vous à ses indications ». Tout le monde piétine. Je  sors mon portable pour interpeller  un ou deux membres de la  coordination asile. Le responsable du camion lâche encore ces mots :  « Inutile de vous faire des illusions, quand vous serez au Simplon, il  y aura des Sécuritas et des responsables qui  laisseront tout ce  superflu  sur le trottoir ! « et il termine en disant : « de toute  façon, pourquoi prendre tout ce matériel, dans deux ou trois mois, vous  devrez quitter la Suisse ! » 

Subitement, comme l’affaire risque de tourner à l’aigre et que des  pressions ont tout de même pu être faites, le camion est chargé et   part aux trois quarts plein pour  se diriger à l’avenue du Simplon à  Lausanne. Il reste encore du matériel de ma protégée. En désespoir de  cause, je vide les tiroirs de deux petites commodes et j’embarque tout  ce qui reste dans ma voiture, après avoir mis le contenu dans des sacs  en plastique; les deux commodes bancales sont déchiquetées et passent  dans la benne.

Une fois à  la rue du Simplon à Lausanne, le  déménagement se fait assez rapidement, grâce à l’entraide des  requérants africains qui montent tout le matériel sur leur dos. Par un  curieux hasard, l’ascenseur n’est pas disponible. Visiblement, l’équipe  du Simplon tolère ce premier arrivage. Mais  la responsable brandit  déjà un règlement qui va être communiqué plus tard aux nouveaux  arrivants.

Les consignes fusent : pas de télé dans les chambres et des  écouteurs sur les oreilles pour les appareils de radio.  Tout le monde est logé au quatrième étage, dans des chambres pas trop  exiguës, qui viennent d’être rénovées. Le reste de la maison est encore  en travaux. Pour une femme avec un enfant de bas âge, il faudra  descendre les étages (sans prendre l’ascenseur), pour aller à la  cuisine. La tâche ne sera pas si aisée. 

Je surprends au passage des mots échangés par les gardiens Sécuritas et  le personnel de la rue du Simplon :  « Pour les suivants, il s’agira d’être strict et déterminé. Des habits  et un matelas, c’est tout. »    

Trois questions viennent immédiatement à l’esprit : 

  •  Cette violence est-elle compatible avec une situation de détresse et  de respect des droits humains ? 
  • Qu’adviendra-t-il des déménagements qui vont se faire à partir des  appartements ? 
  • Comment les employé-e-s de la Fareas peuvent-ils gérer de telles  situations, sans devenir de véritables exécuteurs-trices de mesures  inhumaines et scandaleuses ?   
Les prochains déménagements devraient se faire sous les yeux de membres  de la Ligue des droits humains et de membres d’ONG, solidaires de  l’asile. Mais cela n’atténue en rien la totale injustice qui exclut  aujourd’hui l’hébergement en appartement  et qui pousse les gens à se  déraciner encore plus, en les coupant de lieux de vie et de minimum de  convivialité.    

Signé : une observatrice présente ce jour-là