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Tout bouge autour de moi
Par Dany Laferrière

Le grand écrivain haïtien, prix Médicis 2009 pour « l'Enigme du retour », était à Port-au-Prince pour le Festival Etonnants Voyageurs quand la terre a tremblé. Il raconte
1. La minute
Tout cela a duré à peine une minute, mais on avait huit à dix secondes pour prendre une décision. Quitter l'endroit où l'on se trouvait ou rester. Très rares sont ceux qui avaient fait un bon départ. Même les plus vifs ont perdu trois ou quatre précieuses secondes avant de comprendre ce qui se passait. Haïti a l'habitude des coups d'État et des cyclones, mais pas des tremblements de terre. Le cyclone est bien annoncé. Un coup d'État arrive précédé d'un nuage de rumeurs. J'étais dans le restaurant de l'hôtel avec des amis (l'éditeur Rodney Saint-Eloi et le critique Thomas Spear). Thomas Spear a perdu trois secondes parce qu'il voulait terminer sa bière. On ne réagit pas tous de la même manière. De toute façon personne ne peut prévoir où la mort l'attend. On s'est tous les trois retrouvés, à plat ventre, au centre de la cour. Sous les arbres.
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Depuis mardi, nous comptons nos morts
Par Evelyne Trouillot
« Je vous envoie ce texte car je ne sais si je pourrai demain car notre système d'Internet est à son dernier souffle.» C'est avec ces quelques mots que la romancière haïtienne Evelyne Trouillot nous adresse les lignes qui suivent, ce mardi 19 janvier, soit exactement une semaine après le séisme qui a secoué son île.
Martine X si vous êtes en vie, appelez votre père au numéro suivant... il est très inquiet.
Jonel Y ... vos frères et sœurs aimeraient avoir de vos nouvelles. Si vous êtes en vie.... appelez-les...
Si vous êtes en vie...
C'est le leitmotiv qui remplit non seulement les émissions radiophoniques mais l'esprit et les cœurs. Une interrogation qui flotte dans l'air à l'évocation d'un ami, d'un collègue, d'une connaissance, d'un ancien condisciple de classe. Une interrogation qui fait qu'on hésite à poser clairement la question parfois, comme si l'ignorance protégerait de l'horreur d'avoir à compter une mort de plus.
Depuis mardi, la vie ici se définit d'abord par la non confirmation de la mort de soi-même, des êtres chers, des parents et amis. Depuis mardi, la vie a changé du tout au tout. Elle se mesure par la joie de retirer quelqu'un des décombres, par le désespoir à l'approche de la nuit sans aucune nouvelle d'un proche disparu, par la jubilation intense à la vue d'un ami au hasard d'une rue. Un ami qui a survécu, un ami vivant.
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Réactions et questions en marge du forum Harmos « Vers une école plus inclusive : des intentions aux actes » du 26 septembre 2009 |
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Réactions et questions en marge du forum Harmos « Vers une école plus inclusive : des intentions aux actes » du 26 septembre 2009
Au moment où une loi scolaire se réécrit, l’occasion nous est donnée de réfléchir et de réinterroger la pertinence des concepts et des choix organisationnels qui ont présidé à la prise en compte des élèves allophones dans notre école.
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NEM "Non entrée en matière"
Le verdict est explicite. Les requérants d’asile qui le reçoivent doivent quitter le pays dans les meilleurs délais. Point final. ... Et pourtant, voilà que leurs fils et leurs filles demeurent dans nos classes du canton. Ils s’y installent "maison", fragile territoire ou continuer à se cultiver, malgré tout.
Interdits d’asile et si présents pourtant ....
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... Le reste à la benne... |
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(...) Je vous livre ce témoignage qui m’a profondément marquée. Cela se passe en Suisse, tout près de Lausanne.
Le vendredi 16 novembre 2007, un parrain d’une réfugiée me mandate pour l’aider à déménager de Crissier à la rue du Simplon à Lausanne. A l’heure dite, je me rends au Centre de requérants de la Faréas de Crissier pour aider cette femme et son enfant à déménager. Il est huit heures et demie, nous attendons le « camion » qui viendra emporter les affaires de 5 requérant-e-s qui sont censés partir à 8h.30. Des Africain(e)s en majorité, m’invitent pour un café. L’ambiance est bon enfant.
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